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Pourquoi je construis Storyko tout seul

Publié le 13 août 2026·Lecture : 5 min·Par Joris Favraud

Il y a une chose que je n’avais pas prévue en commençant : la question qui revient le plus souvent n’est pas « qu’est-ce que ça fait », c’est « c’est qui derrière ».

C’est une bonne question. Quand tu confies dix ans de suivi à une app, tu as le droit de savoir à qui tu as affaire. Alors voilà.

L'essentiel

  • Je suis réalisateur, et j'aime construire des choses. Storyko est né d'un besoin personnel, pas d'une étude de marché.
  • Une seule personne conçoit, dessine et code toute l'app. Résultat : une cohérence qu'aucune réunion ne produit, et aucun écran qui sort parce qu'il fallait tenir une date.
  • Je dis ce que l'app fait aujourd'hui et ce qui arrive ensuite, parce que c'est le seul rapport de confiance qui tienne dans la durée.

Sommaire

  1. 01Comment ça a commencé
  2. 02Ce que « seul » veut dire vraiment
  3. 03Ce que ça change dans l’app
  4. 04Le souci du détail, c’est le métier
  5. 05Ce que ça implique pour toi
  6. 06Et pour la suite

Comment ça a commencé

Je suis réalisateur. Je passe mes journées à filmer, et pas mal de mon temps libre à regarder des films, des séries, et à lire. Et j’ai toujours aimé construire des choses : des films d’abord, puis des outils, quand ceux que je cherchais n’existaient pas.

J’ai suivi mes séries sur TV Time pendant des années. Ça marchait, mais c’était lent, et il manquait tout ce qui m’intéressait vraiment : des statistiques qui disent quelque chose, mes films et mes livres au même endroit, un historique auquel je pouvais me fier. À côté, une app pour les lectures. À côté encore, rien du tout pour les films que je voyais en salle.

Trois inventaires pour une seule vie culturelle. Je me suis dit que ça n’avait aucun sens.

J’ai d’abord cherché l’app qui faisait ça. Elle n’existait pas, en tout cas pas en français et pas avec le soin que j’attendais. Alors j’ai commencé à la construire, pour moi, sans intention particulière. Puis c’est devenu sérieux.

Ce que « seul » veut dire vraiment

Seul, ça veut dire que la même personne imagine les écrans, les dessine, les code, les teste et lit tes mails. Ce n’est pas une contrainte que je subis, c’est une méthode de travail : il n’y a aucune perte entre l’idée et l’app, aucune réunion où une bonne intention devient un compromis, aucun écran dessiné par quelqu’un qui ne s’en servira jamais.

Et pour être clair sur un point : seul ne veut dire ni amateur, ni lent. L’app reçoit plusieurs mises à jour par semaine, et j’y passe mes semaines sans les compter. Simplement, tout ce qui sort est passé par les mêmes mains, du premier trait au dernier test. C’est ce qui donne à Storyko sa cohérence : chaque écran parle la même langue, parce que c’est la même personne qui les a tous pensés.

Ce que ça change dans l’app

Chaque écran est fini. Il n’y a pas de « on verra plus tard », pas de compromis pour tenir une date de sortie décidée par quelqu’un qui n’utilise pas l’app. Quand un écran ne me plaît pas, je le refais. J’ai refait la fiche d’une œuvre quatre fois. Personne ne m’a demandé de m’arrêter, et personne ne m’a demandé de continuer.

Je suis mon propre premier utilisateur. J’utilise Storyko tous les jours, pour de vrai, avec ma vraie bibliothèque. Ce n’est pas une posture : ça veut dire que les frictions me tombent dessus avant de tomber sur toi, et qu’une chose pénible ne survit pas longtemps.

Les décisions se prennent en une seconde. Un testeur signale quelque chose le matin, je peux le corriger l’après-midi et le publier le soir. Il n’y a ni comité, ni arbitrage, ni feuille de route trimestrielle à respecter. C’est ce qui explique le rythme des mises à jour, parfois plusieurs par semaine.

Personne ne me demande de trahir le produit. C’est le point le plus important, et il est directement lié au fait de n’avoir pas d’investisseurs. Il n’y a personne pour me suggérer d’ajouter de la publicité, d’exploiter les historiques de visionnage, ou de concevoir des fonctionnalités qui font revenir les gens plutôt qu’elles ne les servent. Ce ne sont pas des promesses en l’air : ce sont des choses que je n’ai simplement aucune raison de faire.

Le souci du détail, c’est le métier

Il y a une continuité entre ce que je fais en tournage et ce que je fais dans Storyko, et je ne m’en étais pas rendu compte tout de suite.

En réalisation, tu passes un temps considérable sur des choses que le spectateur ne remarquera jamais consciemment, mais qu’il ressentira. La lumière qui tombe juste, le raccord qui ne tire pas l’œil, le son qu’on ne remarque pas parce qu’il est propre. Personne ne dira « quel beau raccord ». Mais si tu le rates, tout le monde le sent.

Une app, c’est pareil. La vitesse d’une animation, l’endroit exact où tombe un bouton, le nombre de gestes pour marquer un épisode. Personne ne te félicitera pour ça. Mais c’est la différence entre une app qu’on ouvre tous les jours et une app qu’on désinstalle au bout d’une semaine. Beaucoup d’apps de suivi ont été dessinées il y a dix ans et n’ont pas bougé depuis. Je veux que Storyko soit l’inverse : belle, rapide, et juste dans chaque geste. C’est un objectif de réalisateur autant que de développeur.

C’est aussi pour ça que je publie ici plutôt que sur les réseaux : j’aime expliquer ce que je fais, et pourquoi.

Ce que ça implique pour toi

Trois choses concrètes.

Tu sais toujours où en est l’app. Les notifications d’épisode et la version Android sont les prochains chantiers, et je préfère te le dire ici que te le laisser découvrir. Ce que l’app fait, elle le fait bien ; ce qui arrive, je l’annonce quand c’est prêt, pas avant.

Elle avance vite. Ce que tu remontes finit dans une version que tu recevras dans les jours qui suivent, pas dans six mois. Si tu essaies la bêta et que quelque chose coince, écris-moi, c’est littéralement ce dont j’ai besoin.

Tes données ne dépendent pas de moi. L’export est disponible et le restera, sans payer. C’est ma réponse à la question légitime « et si tu arrêtes ». Je n’ai pas l’intention d’arrêter, mais une promesse d’intention ne vaut rien à côté d’un fichier que tu peux emporter.

Et pour la suite

Il y aura une offre payante au lancement. Je le dis maintenant plutôt qu’au dernier moment : elle servira à financer les bases de données, les serveurs, les frais de plateforme, et surtout le temps de continuer à faire ce travail correctement.

Je préfère être payé par les gens qui utilisent l’app que par ceux qui voudraient savoir ce qu’ils regardent. C’est un projet qui tient debout tout seul, et qui ne rend de comptes qu’à ceux qui s’en servent.

Rejoindre la bêta, ou voir ce que fait l’app aujourd’hui.

Questions fréquentes

Tu es développeur ?

Pas de formation. Je suis réalisateur, et le code est venu après, par nécessité puis par goût. Ça a des inconvénients évidents, et un avantage inattendu : je conçois l'app en pensant d'abord à ce qu'on voit et à ce qu'on ressent en s'en servant, ce qui est exactement mon métier par ailleurs.

Comment tu tiens le rythme si tu es seul ?

C'est l'inverse de ce qu'on croit : être seul, c'est ce qui fait le rythme. Pas de réunion, pas d'arbitrage, pas de feuille de route à défendre. Un retour de testeur le matin peut être corrigé l'après-midi et publié le soir. Et j'y passe mes semaines sans les compter, parce que construire cette app me plaît autant que m'en servir.

Que se passe-t-il pour mes données si tu arrêtes ?

C'est la question légitime quand un projet repose sur une personne, et j'y réponds par l'export. Tu peux ressortir ta bibliothèque et ton historique quand tu veux, sans payer. Ça ne rend pas le risque nul, mais ça fait que ta bibliothèque ne dépend pas de moi.

Pourquoi ne pas lever des fonds pour aller plus vite ?

Parce que ça changerait la nature du projet. Un financement extérieur impose une croissance, et la croissance impose des choix que je ne veux pas faire : de la publicité, de l'exploitation de données, ou des fonctionnalités conçues pour retenir plutôt que pour servir. Je préfère un projet qui tient debout tout seul et qui ne rend de comptes qu'à ceux qui l'utilisent.

Joris Favraud, créateur de Storyko

Joris Favraud

Créateur de Storyko

J’ai suivi mes séries sur TV Time pendant des années. Ça marchait, mais c’était lent, et il manquait tout ce qui m’intéressait vraiment : des statistiques qui disent quelque chose, mes films et mes livres au même endroit, un historique auquel je pouvais me fier.

Alors j’ai construit l’app que je voulais utiliser, en reprenant chaque écran depuis le début plutôt qu’en copiant ce qui existait. Réalisateur le jour, je passe pas mal de temps à regarder des films et à lire, et j’aime garder une trace de ce que je fais plutôt que d’avoir à m’en souvenir. Storyko, c’est exactement ça.

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